Le Yamhad

Au 18e siècle avant notre ère, les archives de Mari donnent une bonne vue du pays de Yamhad dont la capitale était Halab, c’est à dire l’actuelle ville d’Alep.
Pendant un certain temps ses rois, Sumu-Epuh puis Yarim-Lim, sont en conflit avec Mari. Durant cette confrontation, les voisins que sont Hassum, Ursum et Karkémis sont parfois des alliés, parfois des ennemis.

La documentation la plus abondante date du règne de Zimri-Lim à Mari qui a entrepris d’acheter la ville d’Alahtum au roi d’Halab. Les principales informations géographiques qui suivent sont extraites du « Le Culte d’Addu d’Alep et l’affaire d’Alatum » de Jean-Marie Durand.
Zim-Lim avait délégué un administratif, Nur-Sin, pour entreprendre l’achat et la remise en état de cette cité des bords de l’Oronte. Ses abondants courriers nous décrivent les différents épisodes de ses démarches et travaux, et aussi ses difficultés. Ils nous apprennent qu’une autre ville, Tuhul, a aussi fait l’objet d’un achat.
Dans le Yamhad, Tuhul, très proche d’Aluda, apparaît dépendre des centres administratifs de Muzunnum, Hazazar et Tunip. D’après AT2 des archives d’Alalakh, postérieures à ces événements, Tunip avait une frontière avec le pays de Mukis au niveau de Hazazar et Muzunnum.

Le « Liban » est l’endroit où se faisait le service du bois, sans doute l’abattage des arbres pour la reconstruction de la ville. Qatna est mentionnée comme lieu de fuite de travailleurs.

A cette époque, Nuraddi ou Nuranti, Kallasu, Uniga et Hutme apparaissent comme les cités les plus importantes du Yamhad.

Emar et Karkémis sont des lieux de transits extérieurs au pays de Yamhad, mais Halab y exerce une forte influence. Des courriers indiquent différentes étapes de personnages en voyage de Mari ou d’ailleurs missionnés à Halab ou à Alahtum :

  • Un dénommé Dar-libur, sur la route de Tuttul à Emar, reçoit un courrier à Emar lui demandant d’aller à Magrisa : il évoque Ahuna comme future étape.
  • Un chef de musique, Warad-ili-su, accompagné de fillettes (sans doute des chanteuses), a été envoyé à Halab. Il se montre très précis sur son itinéraire. Il a fait équiper un bateau à Terqa car il transportait en plus une statue pour le roi de Halab, et en quatre jours il a envisagé d’être à la Forteresse de Yahdun-Lim. Il tombe malade, puis atteint Abattum. A Emar son expédition a été retenue du fait de représailles à l’encontre d’un marchand indélicat de Mari. Après avoir débloqué le conflit, d’autres courriers documentent sa démarche auprès du roi à Halab.

Après la destruction de Mari, l’histoire du Yamhad est incertaine. On ne sait pas vers quelle date la région d’Alalakh qui est devenue le Mukis. Toutefois les archives du Tell Atchana mentionnent encore le Yamhad.

Dans les archives de Hattusa, le Yamhad est un adversaire des premiers rois de l’Ancien Empire des Hittites. Si Alalakh, qui dépendait toujours du Yamhad, a été détruite par Hattusili I, il semble qu’Alep a alors été épargnée. Toutefois Mursili I a réussi à vaincre Halab et s’est ouvert, par la même occasion, la route vers la Mésopotamie.
Par la suite, le roi d’Alep s’allia au roi du Hanigalbat, c’est à dire au Mitanni. L’histoire de la contrée est alors celle du Mitanni.
En reprenant le pouvoir sur cette région, sous Hattusili II, les hittites partagèrent d’autres villes du royaume de Yamhad entre les pays d’Astata et de Nuhasse. Alep devint une capitale religieuse, Suppiluliuma y installa un de ses fils, Telipinu appelé « le prêtre ».
C’est aussi vers cet ancien pays qu’il faut situer l’expansion maximale de l’Égypte vers le nord.

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