Une fille de Sumu-dabî a été surprise avec Yatarum

Cette page s’appuie essentiellement sur des textes des archives de Mari publiées dans « Les premières années du roi Zimri-Lîm de Mari » par Jean-Marie Durand.
Voici un extrait du courrier « A.2170 » qui évoque ce fait divers :
« Dis à Yassi-Dagan : ainsi parle ton seigneur. J’ai pris connaissance de ta tablette que tu m’as fait porter. Tu m’annonçais que la fille de Sumu-dabî avait été surprise avec Yatarum et que ses témoins à charge l’en avaient convaincu par devant les dieux. Maintenant, une fois que tu en auras fini avec le serment par le dieu à faire, lorsqu’on aura détaché Yatarum pour l’envoyer chez Sumu-dabî, selon le message de Sumu-dabî, pour le remettre à [...], le messager de Sumu-dabî, tu amèneras avec toi ses témoins à charge ; Ils iront à Bît-Akkakka, mais arrive-moi à Iltum pour que je sache ce qu’ils ont dit. [...] »
Or, ce Sumu-dabî était le roi Mâr Yamîna de Mislân, roi du Yahrurum, « beau-frère » de Zimrî-Lîm dans la mesure où il avait épousé Atrakatum, une fille de Yahdun-Lîm. Il est impossible que la fille fautive soit d’Atrakatum, la date de son mariage avec Sumu-dabi est estimée de la première année du règne de Zimri-Lim. Il s’agit probablement d’une fille d’une autre épouse de Sumu-dabî.
Que risquaient, il y a 4000 ans, l’homme et la femme coupables d’adultère ? D’après l’auteur de l’ouvrage les deux fautifs n’auraient pas survécu. Nous ne sommes pas d’accord. Un autre texte ultérieur évoque ce même Yatarum. D’autres Yatarum existaient, mais ces derniers avaient un qualificatif différenciant, le nom du père, par exemple Yatarum, fils de Lakâmêl, est mentionné dans le même ouvrage.
Par ailleurs, ici nous contestons la localisation de Mislan dans le district de Mari : Notre proposition est cohérente avec une amenée des témoins à charge à Bit-Akkakka, situé entre Mislan et Mari.
Voici « A.2594 », le texte postérieur à « A.2170 » d’après les auteurs de l’ouvrage. Il mentionne deux mêmes personnages : Sumu-Dabi et Yatarum. « Des messagers de Sumu-dabî vont souvent chez Yatarum, le cheikh de Ziniyân. Dis à mon seigneur : ainsi parle Yassi-Dagan, ton serviteur. Idin-Annu se dirigeait vers chez mon seigneur. Je l’ai rencontré à Manûhatân et il m’a parlé, disant : « J’apporte chez notre seigneur des propos que j’ai entendus. J’ai dit : « Expose-moi ces propos, que je les apprenne. » Ces propos devant moi il les a ainsi exposés, disant : « Des messagers de Sumu-dabî vont souvent chez Yatarum, le cheikh de Ziniyân. On allaite chez Yatarum un fils de Sumu-dabî. En outre, un fils de Dâdî-hadun, on l’allaite chez un particulier. » Voilà ce qu’il m’a dit. » J’ai dit : « Lorsqu’on fera prêter serment par le Dieu, s’il y a des témoins à charge contre cet homme et que devant les dieux ils frappent sa tête, on mettra aux fers cet individu et, avant toute chose, je l’amènerai chez mon seigneur. » Voilà pourquoi j’ai renvoyé cet homme, Idin-Annu, à Ziniyan. Mon seigneur en est informé. »

Le fils en question de Sumu-dabî ne serait-il pas plutôt un petit-fils, un fils que Yatarum a eu avec la fille de Samu-dabi ? Or, dans le même ouvrage, A.4342 indique qu’Idin-Nunnu, probablement une autre écriture d’Idin-Annu, a été envoyé en poste à Ziniyan. Dans ce dernier texte il fait le voyage entre Ziniyan et Mari : Manuhatan est une étape intermédiaire en phase avec nos localisations. Voilà pourquoi nous considérons ici que ces deux affaires de mœurs se sont déroulées à Mislan et Ziniyan, deux villes proches dans le territoire Yahuréen dont Ziniyan est le chef-lieu de district.

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