La navigation sur l’Euphrate entre Emar et Mari

Dans XXVI 22, courrier issu des archives du Tell Hariri, le noble Asqudum, missionné par le roi de Mari auprès du roi d’Halab, écrit :

« Avant mon départ, mon seigneur était constamment inquiet, et mon seigneur ne m’a pas indiqué quels articles il voulait obtenir pour le palais. Maintenant, la tablette de mon seigneur m’est parvenu à Manuhatan. Et ce que mon seigneur m’a écrit est très bien. Je suis parti sans me sentir serein concernant ces objets désirés par le palais. J’obtiendrai tous les items que mon seigneur m’a demandé par écrit. Je garderai les petits bateaux au moins 10 jours à Emar si Yarim-Lim me donne rapidement les articles recherchés pour mon seigneur, et tant que je serai occupé à les acheminer à Emar, je garderai les petits bateaux. Je louerai également d’autres petits bateaux et des bateaux Emarite et rassemblerai dès que possible les produits recherchés pour mon seigneur : le cèdre, le cyprès, le buis, le cuivre, le plomb et tous les autres objets demandés. Sinon, si Yarim-Lim est en retard pour donner les articles en question, j’achèterai de l’huile pour 1 livre d’argent et je la chargerai et expédierai les petits bateaux. »
Ce texte montre que la principale difficulté de ce genre de mission était dans sa durée et dans les bonnes dispositions du roi donateur, ici Yarim-Lim d’Halab, pour livrer les produits demandés par le roi de Mari. En effet, d’autres courriers montrent que les échanges entre rois pouvaient faire l’objet de difficultés diplomatiques.
Ici on apprend que le missionnaire, Asqudum, est parti vers Emar avec ses propres bateaux, sans doute en navigant à contre-courant, et qu’il a la possibilité d’en louer d’autres à Emar.
Apparemment il est parti du pays de Mari sans avoir de liste détaillée des produits souhaités par le roi, ce n’est qu’à Manuhatan, plus en amont, qu’il a reçu les précisions. A la lecture du texte, on ne sait pas ce qui tracasse le plus Asqudum : si c’est de ne pas avoir de détail ou l’inverse.

XXVI 17 confirme qu’il était possible de naviguer vers l’amont à l’aide ces « petits bateaux » : « J’ai rassemblé les éclaireurs de mon groupe de voyage à Tillazibi. Et de là, je vais embarquer dans des petits bateaux. Après avoir passé Lasqum, j’effectuerai des extrispicies, et selon les résultats de mes extispicies je prendrai le tambour et les bagages et les ferai porter. Et j’emmènerai les enfants en coach et je serai à Emar en 3 jours. Je fais cela pour arriver 3 ou 4 jours avant Hiyar à Halab. »

D’autres produits suivaient le cours de l’Euphrate :

  • XIV 33 : « Les bateaux sont pleins de grain mais sont retenus à Emar à cause de l’Emariote qui se trouve en prison. »
  • XIV 30 montre que le bois de cèdre devait être acheminé par flottement : « Au sujet du bois de cèdre, objet des directives de mon Seigneur, j’ai installé des gens de garde à Manuhatân mais, jusqu’à présent, les bois de cèdre ne sont pas arrivés. »

Dans le sens du courant, le cheminement était rapide, comme le montre XXVI 15 : « On a envoyé d’Emar cette tablette à mon Seigneur le 10 du mois. On sera arrivé dans 3 jours. »

Le transport par voie fluvial devait comporter des risques. Pour cette raison les devins effectuaient des opérations divinatoires. XXVI est un petit texte qui le montre et qui, de plus, est très intéressant en ce qui concerne les villes de part et d’autre de l’Euphrate :
« J’ai fait des extispicies pour le bien être du district (de Saggaratum) :

Pour ce mois jusqu’à sa fin, les résultats sont solides pour leurs jours. Mon seigneur n’a pas besoin de s’inquiéter. »

 

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