Le Pays de Tabal

Les textes néo-assyriens évoquent « Tabal » comme étant un vaste territoire d’Anatolie. Salmanazar III est le premier roi à l’évoquer : « Au cours de ma 22e année de règne pour la vingt-deuxième fois, j’ai traversé l’Euphrate. J’ai reçu le tribut de tous les rois du pays de Hatti. J’ai quitté la ville de Hatti. J’ai traversé le mont [...]. J’ai reçu un hommage du pays de Melid. J’ai traversé le mont Timur. Je suis allé dans la cité de Tuatti [...] du pays de Tabal. J’ai détruit, dévasté, brûlé leurs villes. Quant à Tuatti, la splendeur d’Assur qui inspire la terreur, mon seigneur, l’a accablé, et pour sauver sa vie, il s’est enfermé dans sa ville. J’ai assiégé la ville d’Artulu, sa ville royale. Son fils Kikki craignit la bataille et se jeta à mes pieds. J’ai reçu son hommage et j’ai également reçu des hommages de vingt rois de Tabal. »
Ce texte a été relevé sur une statue de Nimrud par Laessoe en 1959.

Ainsi, curieusement, les néo-assyriens ont désigné « Hatti » la partie la plus orientale de l’Ancien Empire Hittite, celle qui débordait sur le territoire syrien et descendait vers la côte du Levant. Le Tabal était la partie occidentale, au nord de la Cilicie.
Sargon II est celui qui est allé le plus loin dans ce pays, au prix de sa vie puisqu’il mourut en 705 av. J.-C., lors d’une bataille dans le Tabal.
Auparavant, en l’an 4, il avait fait une incursion importante jusqu’à la cité royale de Sinuhtu, qui devait être la capitale du Tabal à ce moment-là : « Kiakki de la ville de Sinuhtu n’a pas respecté le traité sous serment des grands dieux et est devenu dilatoire pour rendre son hommage. J’ai levé les mains en guise de supplication aux dieux, mes seigneurs, j’ai submergé sa ville royale, Sinuhtu, comme un brouillard, et l’ai compté comme butin, avec ses combattants, 7350 personnes, sa femme, ses fils, ses filles et le peuple de son palais, ainsi que ses biens abondants. J’ai donné sa ville royale, Sinuhtu, à Kurti du pays d’Atuna. Ensuite, j’ai fait plus grand qu’avant le nombre de chevaux, de mulets, d’or et d’argent qu’il devait payer en tribut et je lui ai imposé cela. »
Un autre texte de Kalhu résume la campagne : « J’ai déporté les gens de la ville de Sinuhtu et j’ai emmené Kiakki, roi du pays de Tabal, dans ma cité Assur. »
En l’an 9 de son règne, il s’était emparé du pays de Bit-Purutas, composante du Tabal, pour le rattacher au pays de Hilakku.

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