Le Kizzuwatna

La traduction ci-dessous de la partie de l’accord (CTH 41.I) entre Thuthaliya et Sunassura qui précise la frontière du Kizzuwatna est extrait de « Les débuts du Nouvel Empire Hittites » de Jacques FREU et Michel MAZOYER :
« En direction de l’eau Lamiya appartient au Soleil, Pitura appartient à Sunassura. Ils mesureront le territoire frontière et le partageront entre eux. Le Soleil ne fortifiera pas Lamiya. Aruna appartient au Soleil. En direction de Pitura ils mesureront le territoire frontière et le partageront entre eux. Le Soleil ne fortifiera pas Aruna.
La cité de Saliya appartient au Soleil et les cités de Zinziluwa et Erimma appartiennent à Sunassura. Ils mesureront le territoire frontière et le partageront entre eux. Le Soleil peut fortifier Saliya. La cité d’Anamusta appartient au Soleil et la montagne de la cité de Zaparasna appartient à Sunassura. Ils mesureront le territoire frontière et le partageront entre eux. Le soleil peut fortifier Anamusta.
Depuis longtemps la frontière entre les deux pays a été la suivante : Tout ce qui est du côté de Turutna que le grand roi le prenne. Serigga appartient au Soleil, Luwana appartient à Sunassura, la rivière Samri est sa frontière. Le grand roi ne traversera pas la rivière Samri en direction du pays d’Adaniya, Sunassura ne traversera pas la rivière Samri en direction du pays du Hatti. Vers Zilappuna la rivière Samri est la frontière. Vers […] que la rivière Samri soit la frontière de Sunassura. Sunassura ne devra pas traverser la rivière Samri en direction du pays du Hatti. Le grand roi ne devra pas traverser la rivière Samri en direction du pays d’Adaniya ».

Vase trouvé en Anatolie

Vase trouvé en Anatolie

 

S’appuyant sur A. Goetze qui a vu une description d’Ouest vers l’Est, notamment en considérant que Lamiya a laissé son nom à la rivière côtière de nom Lamos de l’époque gréco-romaine, de nombreux historiens ont considéré que Pitura était vers les rivages méditerranéens à l’Ouest de Tarse. Malheureusement, aucun toponyme similaire n’existe dans cette région dans d’autres archives. En revanche, Shalmaneser III, roi néo-assyrien vers le 9e siècle avant notre ère, mentionne dans ses archives une ville de Pitru sur la rivière Sagur (voir ici), du côté ouest de l’Euphrate.
Par ailleurs, des villes situées entre le Taurus et l’ouest de l’Euphrate apparaissent comme faisant partie du Kizzuwatna, par exemple Ursu.
Ce sont ces arguments qui justifient ici une géographie de ce pays intégrant à la fois la classique Cilicie plane et une bonne partie de l’Ouest de l’Euphrate avec, en son centre, les monts autrefois appelés Amanus.

Aussi, dans la présentation de CTH 41.I ci-dessus, le texte a volontairement été séparé en trois parties. Car ici il est plutôt présentée une frontière entre le Hatti et le Kizzuwatna dans l’ordre suivant :

  • D’abord l’extrême Est : l’eau semble plutôt désigner l’Euphrate, qui est une frontière naturelle avec un autre pays non mentionné ;
  • Puis l’extrême Ouest avec la cité de Saliya qui est également listée dans les villes frontières du pays de Tarhuntassa ;
  • Enfin la frontière naturelle existant depuis longtemps, surtout constituée par la rivière Samri, le Saros classique, l’actuelle Seyhan.

Voilà pour ce qui concerne la description générale de cette frontière. Le détail s’obtient en cliquant sur les liens des noms de cité référencés dans ce blog.

 

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