L’Idamaras

L’Idamaras du début du 2e millénaire semble être une région englobant une population ayant une même culture et une même langue, différente de celles du Yamhad, du Zalmaqum et de la région de Mari.
Bien qu’indépendants les uns des autres, les pays de l’Idamaras se caractérisent par des prises de décision collégiales sur les sujets les plus importants.
Les principales villes et leurs rois (qui ont fluctué durant la période de vie des archives) sont donnés par les différentes tablettes retrouvées :

  • XXVII 20 : « Sammetar, roi d’Asnakkum, Tamarzi, roi des Tamarniens, Sub-Ram, roi de Qirdahat, Itur-Malik, roi de Suduhum, 4 rois du pays d’Idamaras sont ceux qui viennent avec La’um, le fils de Yaphuran, au-devant du Hana chez Monseigneur ».
  • A.1212 : « Les rois de l’Idamaras, Haya-Sumu (roi d’Ilan-Sura), Sammetar (roi d’Asnakkum), Sub-ram (roi de Qirdahat), Ibal-Addu (roi d’Aslakka), Tamarzi (roi de Tarmanni), Hammi-kuna (roi de Suduhum), Yamut-Lim, Limi-Addu (roi d’Anamassum), Yumras-El (roi de Qa et Isqa) et Zakura-Abum (roi de Zalluhan) sont réunis, avec leurs troupes et celles du pays d’Apum ».
  • XXVI 126 : « Zukura-Abum (roi de Zulluhan), Ibal-Addu (roi d’Aslakka), Yamut-Lim et Tamarzi (roi de Tarmanni) se sont rassemblés et sont venus chez Sub-Ram (roi de Qirdahat), et ils ont dit : « Nous n’irons pas vers Sammetar (roi d’Asnakkum). Et nous ne pourrions pas nous soucier de Sammetar. Vous prendrez notre leadership et nous serons aux côtés d’Haya-Sumu (roi d’Ilan-Sura) ».
Haut Habur

Haut Habur

Aujourd’hui, beaucoup de pays de l’Idamaras sont positionnés dans la région du Haut Habur, notamment sur la base du courrier II 28 qui fait apparaître une frontière précise entre le territoire de Mari et l’Idamaras. Ibal-Pi-El, habitant au nord de Magrisa, demande au souverain de Mari d’exploiter les « eaux de Magrisa » : « Maintenant je redonnerai 10 sicles d’or et une centaine de moutons pour les eaux de Magrisa afin que mon Seigneur ne me les refuse pas et que, moi, j’ai de quoi vivre dans l’ombre de mon Seigneur. Je passe mon temps à accueillir les serviteurs de mon Seigneur qui viennent en Idamaras ! ».
Quatre pays de l’Idamaras étaient proches du confluent du Khabur avec le Jaghjagh vers Hassaké, d’après A.351 : « Que le pâturage soit établi à Tabatum ou plus bas. Sinon je crains que si on laisse les troupeaux paître dans le pays d’Idamaras, l’affaire puisse déranger Subram (roi de Qirdahat), Ibal-Addu (roi d’Aslakka) et les habitants des citadelles de Nahur et d’Ilan-Sura ».

Il existait aussi un Haut Idamaras qui comprenait les villes de Nahur, TalhayumQirdahat et Asnakkum (V51) qui doivent être situées plus à l’intérieur de l’actuelle Turquie.

Ida-Maras signifierait « à côté du difficile » selon Jean-Marie Durand.

Et puis, les textes des sites de cette époque sont à mettre en parallèle avec les résultats des travaux archéologiques : une céramique appelée céramique de Khabur car extrêmement présente dans cette région, s’est diffusée au nord de l’Irak, au sud-est de la Turquie ainsi qu’en Iran. Il s’agit des territoires de l’Idamaras qui comprenaient, notamment :

Il s’agit donc d’un ensemble de cités situées vers la frontière entre la Turquie et la Syrie. Probablement ce qui deviendra, vers le milieu du 2e millénaire avant notre ère, le cœur du pays du Mitanni.

Au-delà du territoire, les textes font apparaître, pour cette région, une distinction entre trois peuples :

  • Les Hannéens, qui nomadisent surtout vers le sud de l’Idamaras, et qui constituent les principaux dirigeants du pays de Mari ;
  • Les habitants de l’Idamaras, qui sont liés aux Hannéens Simalites ;
  • Les habitants du Subartu, vers le nord et de l’est de l’Idamaras :
    • XXVI 312 : Ibni-Addu de Tadum se distingue comme étant quelqu’un de l’Idamaras (en sous-entendu : « alors que la population ne l’est pas »)
    • M.5318 : Huziri de Hazzikkanum n’accepte que des guerriers du Hana et pas ceux de l’Idamaras.

 

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