La Crète à l’âge du bronze : Keftiou, Kaptara ou Kapata

La désignation des Crétois par les Egyptiens sous le toponyme « Keftiou » provient surtout de la tombe de Rekmiré, en Égypte.
https://www.osirisnet.net/tombes/nobles/rekhmire100/rekhmire100_03.htm

Knossos - Appartement de la reine

Knossos – Appartement de la reine

Ce toponyme se retrouve dans d’autres textes égyptiens. Depuis longtemps, il a été rapproché de celui de la bible. Cette dernière mentionne « Caphtor » ou « Kaphtor », comme étant le pays d’origine des Philistins.
La confirmation de l’aspect insulaire de l’habitat des Keftiou se trouve dans la traduction « habitants du pays Keftiou des îles qui sont au milieu de la mer » de la tombe de Rekmiré.

Dans les textes de Mari, Kaptara, située « au-delà de la mer supérieure », est la désignation de la même île.

Les déchiffreurs du Linéaire B ont observé qu’existait une appellation « Ka-pa-ra-de » ou « Ka-pa-ra-do ». A Pylos, le personnage dirigeant numéro deux était une femme appelée « Ka-pa-ti-ja ».

A ce jour, ont été identifiés divers toponymes de Crète, qu’il est possible de classer en deux catégories :

  • Ceux qui sont trouvés à la fois dans des textes en linéaire A et linéaire B, qui doivent être les plus anciens :
    • Ku-ni-su, majoritairement admis pour Knossos.
    • Pa-i-to, admis pour Phaitos.
    • Tu-ru-sa, qui peut être Tylissos.
    • Se-to-i-ja, ici proposé pour le site de Petras, près de Sitia.
    • Su-ki-rit-ta, majoritairement proposé pour Sybrita, mais qui, dans ce blog, est plutôt suggéré pour Zakros, car ce dernier site est certifié occupé dès les premières époques minoennes.
  • Ceux qui sont surtout existants dans les textes en linéaire B, qui correspondent davantage à l’époque mycénienne :
    • A-mi-ni-so, Amnisos.
    • A-pa-ta-wa, Aptera.
    • Ku-do-ni-ja, Kudonia.
    • E-ko-so.
    • Ru-ki-to.
    • Ka-ta-no.
    • ….

Dans les archives d’Ougarit et celle des Hittites, le toponyme qui se rapproche le plus est celui de Katapa ou Kutupa. Les inversions de syllabes ne sont pas rares dans ces anciens textes.

Dans « Une bibliothèque au sud de la ville – Ras Shamra – Ougarit VII » Florence MALBRAN-LABAT a publié RS 34.179 similaire à RS 17.130, très connu, qui est un traité visant les marchands de la ville d’Oura, dans le but de les dissuader d’acheter des maisons dans Ougarit. Voici le cœur de cette tablette qui comporte un début mutilé, mais qui vise en plus les gens de Kutupa : « A la bonne saison, qu’ils exercent leur commerce, mais que l’hiver, on les renvoie de l’Ougarit dans leur pays. Ainsi les gens d’Oura et les gens de Kutupa, l’hiver, ne résideront pas en Ougarit ; et ils n’acquerront pas contre de l’argent des maisons et des champs ».
Ici Kutupa, en tant que désignation de la Crète, donne du sens au texte – puisque dans ce blog Oura est considéré comme étant une désignation de l’île de de Santorin – même si, aujourd’hui, sans justification, ces deux villes sont majoritairement positionnées en Cilicie.
Le plus étonnant – et cela n’est pas accepté à ce jour par les historiens – est que cette désignation provenant d’Ougarit se retrouve dans les plus anciens textes de Hattusa :

  • Ce lieu est doté d’un temple du dieu de l’orage et aussi d’un monument dédié à la déesse Hépat.
  • Sur une tablette scellée à Hattusa a été trouvé un acte juridique, probablement contemporain de Hattusili I, mentionnant un fonctionnaire de la ville de Hanhana qui avait adopté un dénommé Zidi et lui avait donné en mariage sa fille de nom Zizzatta. Leur fils, Pappa, avait été attaché au temple de la déesse de Katapa.
  • Lors de la saison hivernale, Mursili II et Muwatalli II ont fréquemment séjourné à Katapa. Pour cela, ils passaient par Kasimula.
  • Dans des textes relatant des prières de Hattusili et Paduhepa, CTH 383 et CTH 384, Katapa est mentionnée avec Hattusa comme étant deux ensembles territoriaux faisant l’objet de tractations du temps de l’indépendance du royaume de Hakpis.

Faut-il croire que les Hittites passaient leurs hivers dans les îles au climat plus doux ?

Ce blog, qui défend une navigation maritime courante durant tout l’âge du bronze, ne l’exclut pas, mais considère plutôt l’existence d’une ville homonyme en Anatolie.

 

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