Les textes des archives de Mari permettent d’avoir des critères de localisation de Zurruban :
- A.56 : « […] Je suis sorti hier de Mari et ma halte m’a porté à Zurubbân […] ».
- III 9 : « […] Lorsque la crue du fleuve est revenue, la retenue de Zurubbân a grossi et est devenue plus importante qu’il n’est normal. […] Les poissons risquent de sortir de la retenue vers le fleuve […] »
- IXIII 24 : « […] Je me suis rendu compte que le fleuve est en crue […] Il faut que se mettent en route les mobilisables de Dumtân, Zurubban et Hisamta […] l’eau se trouve dans les champs de Zurubbân […].
F. van Koppen et Parrot qui ont étudié le domaine d’un des plus hauts fonctionnaires du roi de Mari positionnent Zurruban sur la rive gauche de l’Euphrate.
En plus, Zurruban est dans quatre autres textes qui évoquent toujours quatre cités dans le même ordre : Zurruban, Hisamta, Himmaran et Hanna. Ces villes étaient très probablement successives le long de l’Euphrate. Mais dans quel sens ?
Dans les archives de Terqa se trouve un texte « TFR 1 1 », qui est un contrat entre Puzurum et Hi-dumqi » : « 3 arpents de champ dans les terres de ZUZUbban, qui longe une grande route d’une part et un canal appelé Id ». Cela renforce notre conviction suivante : Entre Suprum et Terqa, durant l’âge du bronze et l’âge de fer, la principale route et le principal canal de navigation se situaient sur la rive nord ou gauche de l’Euphrate. Ce n’était pas le cas avant et après ces deux cités le long du grand fleuve.
Les fouilleurs du Tell Masaïkh, qui est « Kar-Assurnasirpal » à l’époque néo-assyrienne, suggèrent que ce même tell s’appelait Zurruban au Bronze moyen. Les travaux menés ont effectivement exhumé des niveaux archéologiques des époques Halaf, Obeid et Bronze Moyen II et III.
Ce site est référencé par Justine Gaborit dans « La vallée engloutie (Volume 2 : catalogue des sites). Presses de l’Ifpo, 2015 ».
https://books.openedition.org/momeditions/4455?
La ville apparaît dans une liste de champs / villes le long de l’Euphrate. Il s’agit de « FM 1660 » des archives de Mari, édité par H. Reculeau, en 2018, dans « Florilegium marianum XVI ; L’agriculture irriguée à Mari : essai d’histoire des techniques, Mémoires de NABU 21, Paris ».
Ici nous localisons cette cité plus proche de Mari au regard du texte « A 56 » ci-dessus. Nous proposons le tall Sufa, HIGEOMES n°1042 dans l’inventaire « Fundorte und Karten » de Christoph Fink. Un canal, ou une petite rivière, y est appelé Surrat non loin, ce qui est possiblement une déformation de Zurruban.
Mes notes de vraisemblance :
Zurruban était proche de Mari sur la rive gauche de l’Euphrate : 3/5
Zurruban est sous le tall Sufa : 3/5

11 novembre 2025
Age du bronze, Akh Purattim, Bronze moyen, Levant, Syrie