Le Tell el-Rataba ou Retabeh, le Khetem de Tjekou, probablement le Pithom de la bible

 

Après avoir brièvement été exploré par Naville puis Pétrie en 1905, depuis 2007 une mission slovaco-polonaise fouille le Tell el-Retaba (Rataba ou Retabeh) sous la conduite de Slawomir Rzepka et Jozef Hudec. Ils y ont d’abord trouvé des ruines datant de la 18eme dynastie, avec un maximum d’occupation sous Ramsès II et Ramsès III. Il s’agissait d’une forteresse quadrilatère de 400m x 200m avec une porte monumentale sur le côté ouest. Sa fonction était de garder l’accès du Ouadi Tumilat. Dernièrement, une occupation Hyksos, et probablement du Moyen Empire ont été prouvées, en conformité avec les rapports de Pétrie.
http://aigyptos.sk/en/tel-el-retabi
Pétrie y a notamment trouvé :

  • Des blocs de granits décrivant Ramsès II faisant une offrande au dieu Atoum de Tjekou ; ils suggèrent la présence d’un temple d’Atoum ;
  • Un montant de porte au nom d’un responsable des archers, défenseur du lieu : « Ousermaâtrenakht de Tjekou ». Identifiant ainsi ce fort comme étant le Khetem de Tjekou.

14 km à l’est du Tel el-Rataba se trouve le Tell el-Mashkuta, de la même époque avec lequel il ne doit pas confondu. Mais il faut savoir que les trouvailles sur cet autre site aboutissent à la même identification : Tjekou et Per-Atum, c’est à dire Pithom. Rataba peut-être un héritage phonétique de Per-Atoum par suppression du P initial.

De plus en plus d’historiens considèrent maintenant que les deux tells avaient probablement les mêmes désignations, mais à des périodes de temps différentes.
Le Tell el-Rataba est probablement devenu le Khetem de Tjekou et le lieu « Per-Atoum », le Pithom de la Bible, sous Ramsès II et Ramsès III. Le premier nommé s’est particularisé par la construction de nouvelles villes (qui peuvent être des refondations d’anciens sites). Sous Ramsès III, des écrits montrent que Tjekou était un point de passage depuis Pi-Ramsès vers le SinaÏ et même l’Arabie.
Mais par la suite, notamment au 1er millénaire avant notre ère, l’occupation s’est retransférée au Tell el-Mashkuta, avec le même dieu honoré, Atoum, et la même désignation de cité : Tjekou.
L’histoire de cette ville est probablement liée à celle d’un canal le long du Ouadi Tumilat, et de sa cité principale du Moyen Empire située sur le Tell el-Mashkuta qui a dû souffrir de l’asséchement du bras d’eau. La réoccupation maximale du Tell el-Mashkuta date de la 26e dynastie lorsque Necho II fit creuser ce canal le long du Ouadi Tumilat rejoignant la branche Pélusiaque du Nil à la mer Rouge.
Probablement qu’avant Ramsès II, le Ouadi Tumilat était un bras naturel du Nil surtout alimenté lors des crues. Au fil du temps, le niveau de remplissage s’est petit à petit amenuisé.

Il se peut que Tjekou soit la désignation ancienne du Ouadi Tumilat, et que ce soit un raccourci de « la grande embouchure des marais » de l’Ancien Empire. Cette dernière, prononcée en égyptien « Réour Jdkw », a été lue dans les papyrus de la mer rouge (Voir « Les Papyrus de la Mer Rouge II » de Pierre Tallet). Seule une liaison maritime entre la Mer Rouge et le Nil peut expliquer les papyrus de l’Ancien Empire trouvés au Ouadi el-Jarf.

Mes notes de vraisemblance :
Le Tell el-Rataba ou Retabeh, était le Khetem de Tjekou : 3/5
Le Tell el-Rataba était le Pithom de la bible : 3/5
Le Tell el-Rataba était Per-Atoum à la fin de l’époque de Ramsès II : 3/5

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