Khirbet ed Diniyeh s’appelait Haradum ou Haradu

En Irak, Khirbet ed Diniyeh se situe sur la rive droite de l’Euphrate, quelques dizaines de kilomètres à l’est de l’ancienne ville de Mari. Durant les années 1981 à 1984, ce site fit l’objet de six campagnes de fouilles de sauvetage liées à l’implantation du barrage dit de « Haditha ». Les travaux furent menés par la Délégation Archéologique Française en Irak, sous la direction de Christine Kepinski-Lecomte.
Les fouilles ont livré une centaine de tablettes cunéiformes. Ces textes ont été trouvés dans les quelques dizaines de maisons qui constituaient la ville. Les scientifiques ont pu, ainsi, connaître les différents auteurs et donc, aussi, les propriétaires des bâtiments de la petite cité, qui a eu une longévité limitée aux 18e et 17e siècle avant J.-C. Ainsi, le site de Khirbet ed Diniyeh a pu être identifié, avec certitude, à la ville d’Harradum, abondamment mentionnée dans les tablettes.
D’après le texte KD100 une ville voisine s’appelait « Hurratum ». Le voici en entier : « Puzratanu a intenté un procès à Sapi-ilim. Napsuna-Addu, le juge royal et les Anciens de la Ville lui ont imposé une sentence. Ils ont décidé de faire raser sa tête. Ils ont placé sa chevelure sur une tablette. Si Puzratanu intente à nouveau un procès, il devra payer 5 mines d’argent au Palais, et on versera du bitume sur sa tête. Témoins : Rabbabânum, Ahilama, Ili-rabi, Yaskunanum : quatre représentants de Harradum ; Yatte-Addu, Yasub-Addu, Yahsammu, Marasum : les quatre représentants de Hurratum ; Zabkum, le soldat. Fait le 7 du mois de Tebetu ».

L’étude des céramiques et celle des noms des occupants montrent que la petite ville était au carrefour de deux traditions : l’une babylonienne et l’autre occidentale. Ainsi, dans la maison de Ris-Samas, bien que les noms des individus soient ceux d’originaires de Babylone, les céramiques sont similaires à celles trouvées en Anatolie. Ce que confirment les textes, qui évoquent un commerce de longues distances le long de l’Euphrate, notamment avec Karkémis, Halab, Emar, Tuttul et Mari.

Harradum a probablement été fondée par le royaume d’Eshnunna. Sous Yahdun-Lim de Mari, la ville de Harradum formait la frontière. Puis elle fut intégrée au royaume de Mari sous Samsi-Addu et Zimri-Lim. Un courrier des archives de Mari (A.1289) évoque ces faits.
Toutefois, le toponyme semble plus ancien car il est mentionné dans les tablettes d’Ebla sous la forme « HAR-hu-du », en relation avec Babylone (Ba-da-da-LUM).

Selon Françis Joannès, dans « Haradum II », la plupart des tablettes retrouvées sont à dater entre 1726 à 1629 avant J.-C., depuis le règne de Samsu-iluma jusqu’à celui d’Amm-saduqa, rois de Babylone. La ville a dû être évacuée sous ce dernier souverain, probablement suite à des inondations de l’Euphrate.

La cité fut ensuite intégrée à un royaume de nom « Suhu et Mari » qui fut dominé par les Araméens pendant quelques temps. Ce sont des tablettes exhumées à « Sur Jureh » qui ont permis de comprendre l’histoire de la région jusqu’au 8e siècle avant J.C : parfois indépendante, parfois soumise aux puissants voisins qu’étaient les Assyriens, les Babyloniens et les Araméens.

Ce n’est que lors de l’arrivée des Assyriens, au 11e siècle avant notre ère, que Khirbet ed Diniyeh est réoccupée et fortifiée. Son nom est alors « Haradu » ou « Harada » dans les annales de Tukulti-Ninurta II, roi d’Assyrie, vers le 9e siècle avant J.-C.

Mes notes de vraisemblance :
Khirbet ed Diniyeh est l’ancienne ville d’Harradum/Haradu : 5/5

 

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