Le site de Gozlü Kule est l’antique Tarse, de nom hittite Terussa ou Tarsa

Au sud de la Turquie, tout près de Tarse, entre 1930 et 1940, sous la conduite de Mademoiselle Hetty Goldman, une expédition américaine a fouillé le tertre de nom Gozlü Kule.

Arme en bronze

Arme en bronze

Ses travaux ont montré qu’il a été occupé sans interruption depuis le Néolithique jusqu’à l’âge du Bronze :

  • Vers 3000 avant notre ère, les fouilles ont exhumé des constructions monumentales, des maisons et des poteries caractéristiques de la Syrie du Nord ;
  • Vers 2500, des maisons alignées et des rues qui se coupent à angle droit ressemblent à celles des Minoens. Des destructions sont observées à partir de 2400. Une muraille fortifiée est alors construite. Les plans des maisons changent. La poterie et les bijoux ressemblent à ce qui a été trouvé vers Troie ;
  • Vers 2100, de nouvelles destructions sont observées. Les caractéristiques des maisons des occupants apparaissent, de nouveau, être celles de Syrie.
  • Sous les Hittites, à partir de 1650, Tarse est une ville importante, voire la capitale régionale. 65 sceaux ou empruntes de sceaux, en hiéroglyphe hittites, ont été retrouvés. Des fragments d’albâtre et de lapis-lazuli, des moules de travail de l’or et une statuette attestent de la prospérité de la cité. Beaucoup de spécialistes s’appuient sur ces fouilles pour faire de Tarse une capitale locale.
  • Par la suite, les archéologues ont observé une dégénérescence graduelle de la ville, sans doute liée à l’abandon des activités portuaires. L’accumulation d’alluvions a, peu à peu, éloigné la mer de la ville.

La découverte la plus significative est constituée par un sceau d’Isputahsu du Kizzuwatna qui a signé un traité avec Télipinu du Hatti.

Dans les tablettes retrouvées à Hattusa, malgré son importance, la cité est peu mentionnée :

  • Des fondations religieuses, associées à de vastes domaines, ont été inaugurées par un dénommé Talzu, à Adaniya, Tarsa et Kummani ; puis confirmées par un souverain de nom Sunassura ;
  • Dans le traité d’Ismérik, elle apparaît sous la dénomination « Terussa », dans le pays de Kizzuwatna.

Ce dernier toponyme est retenu car en turc la ville se prononce « Turus ». Il ne faut toutefois pas le confondre avec Taruisa qui serait, d’après la plupart des experts, la cité de Troie vers le pays de Wilusa. Phonétiquement Wilusa lui aussi est proche de Ullasa, qui semble être le site d’Elaioussa Sebaste, vers Tarse. Il se peut qu’il y ait eu des confusions entre les couples de toponymes Tahruwa / Wilusa et Terussa / Ullasa.

Il est possible que Tarse ait été une capitale locale au 3e millénaire ; vers le milieu du millénaire suivant, Adaniya aurait pris le relais sous l’influence grandissante des pays syriens.

La proximité phonétique de Terussa et Tarsa avec Tarse, l’appartenance de cette ville au pays de Kizzuwatna et les résultats des fouilles confirment le rapprochement.

http://antikforever.com/Asie_Mineure/Divers/kizzuwatna_cilicie_tarse.htm

http://www.tarsus.boun.edu.tr/

Mes notes de vraisemblance :
Le site de Gozlü Kule est l’ancienne Tarse, appelée Terussa ou Tarsa sous les hittites : 4/5

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus